30-10-2017

L’utilisation de composants réutilisables pour la construction de bâtiments

L’Institut du génie civil et de l’environnement de l’Université du Luxembourg et le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa) de l’ETH Zurich ont signé un "protocole d’accord"  pour faire avancer la recherche vers l’efficacité énergétique dans la construction. L’accord a été signé le 27 octobre 2017 dans la présence de représentants du ministère de l’Économie, de l’Empa et de l’Université du Luxembourg.

Les quantités de CO2, de ressources utilisées et de déchets produits par le secteur de la construction sont très importantes, si bien que de nouvelles approches écologiques sont indispensables. C’est pourquoi le premier projet de collaboration appelé "Écoconstruction pour un développement durable" (Eco-Construction for Sustainable Development project, ECON4SD) se concentrera sur le développement de nouveaux composants et modèles de construction pour des bâtiments écoresponsables utilisant des matériaux de construction tels que le béton, l’acier et le bois.

Collaborations interdisciplinaires

ECON4SD réunira des chercheurs de différents domaines du génie civil et de l’architecture de l’Université du Luxembourg et de l’Empa de Zurich, mais également d’autres universités, ainsi que des partenaires de l’industrie et des consultants luxembourgeois. Un des objectifs du projet est de développer des matériaux de construction réutilisables lorsqu’un bâtiment a atteint la fin de son cycle de vie et est démonté. "Le but d’ECON4SD est de transformer les bâtiments en banques de matériaux et de composants pour permettre aux producteurs d’éléments structurels d’envisager un nouveau modèle d’entreprise. Cela impliquerait de prêter ces matériaux ou composants aux clients constructeurs et de les récupérer après leur utilisation. Tout cela dans le but de les revendre directement, de les reconditionner ou de les recycler," a indiqué la professeure Danièle Waldmann de l’Université du Luxembourg. "Ce projet ouvre par conséquent la voie à un futur passeport certifié CE pour les matériaux et les composants, comparable au passeport énergétique déjà en place."

La recherche reposera sur la modularité, la flexibilité, l’adaptabilité et l’évolutivité avec des connexions interstructurelles dissociables. Ces composants devront nécessiter le moins de travail de maintenance et de réparation possible, être facilement démontables et réutilisables. Ainsi, la durée de vie totale des éléments structuraux sera prise en compte. Le but est de réduire l’énergie et les ressources utilisées tout au long du cycle de vie des bâtiments.

Défis sociétaux et défis concernant les modèles d’entreprise

Les partenaires académiques, avec lesquels l’équipe de l’Université du Luxembourg entretient des liens solides et durables, joueront également un rôle important en tant que co-superviseurs et hôtes éventuels. Ce projet renforcera donc le secteur national de la construction et participera de manière significative à la promotion des principes de l’économie circulaire au Luxembourg. Les doctorants, en particulier ceux qui prévoient de quitter le milieu universitaire après l’obtention de leur diplôme, tireront parti de la formation dans l’industrie et des réseaux des chercheurs chevronnés. Ils seront encouragés à envisager des options telles que la création de nouvelles entreprises ou l’obtention de tout brevet découlant de leur travail. Le projet ECON4SD renforcera également les capacités de recherche et de développement du Luxembourg dans l’efficacité au niveau des ressources et des énergies, la réduction des émissions de CO2, les écotechnologies et les matériaux, répondant ainsi à d’importants défis sociétaux.

Photo: © Université du Luxembourg

  • Mis à jour le 30-10-2017