Date de création: 2004
Localisation: Betzdorf, Luxembourg
Employés: 30
Activité principale: LuxSpace offre savoir-faire et expertise, ainsi que des produits et services dans les domaines de l ingénierie système et du développement d’applications pour le spatial et la défense.
Le 12 octobre 2011, VesselSat1, premier satellite entièrement construit au Luxembourg a été placé en orbite pour le compte d’ORBCOMM Inc. Dédié à la détection des bateaux (système AIS), il a été conçu et assemblé en moins d’un an par les ingénieurs de LuxSpace sàrl. Un record en termes de délais pour la société luxembourgeoise, basée à Betzdorf et dirigée par Jochen Harms, qui se distingue par ses activités de R&D. Elle est notamment la seule à concevoir des microsatellites en Europe.
"Normalement, nos concurrents mettent deux à trois ans pour construire ce genre de satellite", lance Jochen Harms, managing director de LuxSpace sàrl, société luxembourgeoise à qui l’ont doit la conception et la réalisation de "VesselSat1". Ce satellite, le premier entièrement conçu au Luxembourg, a été lancé avec succès le 12 octobre 2011 depuis la base indienne de Sriharikota sur une orbite proche de l’équateur.
"Nous avons obtenu le contrat de la société américaine ORBCOMM, fournisseur de services de communication par satellite, fin septembre 2010", précise-t-il. "Ce contrat comprend le lancement d’un deuxième engin qui devrait être opérationnel à la mi-janvier 2012 et sera installé sur un lanceur chinois."
VesselSat1 est un microsatellite pesant 29 kilos. Il a la taille d’un cube de 30 centimètres. Sa vocation est d’assurer la détection des bateaux qui naviguent sur les eaux du globe par le biais du système AIS (Automatic Identification System), obligatoire pour tout navire d’une certaine taille. Chaque bateau équipé envoie toutes les six secondes des
données vers le satellite comme son nom, son numéro, sa vitesse, sa direction, ses changements de route, etc. "Au départ, il a été conçu comme un système anti collision, complémentaire au radar", explique Jochen Harms. "Nous avons commencé à travailler sur cette technologie en 2007. Un premier récepteur AIS de notre conception, directement intégré au corps d’une fusée de lancement, a été envoyé dans l’espace en septembre 2009. Cela nous a permis de réaliser un premier test en conditions réelles." Il faut en effet savoir qu’une fusée, une fois qu’elle a placé le satellite embarqué, reste elle-même en orbite pendant plusieurs années.
En marge de ce premier essai couronné de succès, LuxSpace a développé toute une filière d’activités autour de ce système de détection. Toute la chaîne de valeur est couverte, du développement hardware du satellite jusqu’à l’exploitation des données et leur mise à disposition pour les utilisateurs finaux. Ainsi, les données récoltées par VesselStat1 pour le compte d’ORBCOMM sont aussi exploitées par LuxSpace qui en assure la distribution pour toute l’Europe. "ORBCOMM va lancer un total de 18 satellites. Nous allons pouvoir utiliser l’ensemble des informations récoltées et devenir ainsi le plus gros distributeur de données AIS en Europe."
Seul producteur européen de microsatellites (de 30 à 100 kilos), la société installée à Betzdorf, sur le site de SES, se distingue de la concurrence par son approche technologique originale. "Notre volonté est de pouvoir travailler rapidement et d’offrir les solutions technologiques les plus avancées à nos clients. Pour ce faire, plutôt que d’utiliser
des composantes spatiales, comme le font nos concurrents, nous utilisons en grande partie des technologies terrestres." Les raisons sont multiples. Une composante spatiale demande un temps de conception et de production très important. Conséquence, la technologie utilisée est souvent dépassée. Surtout, elle est plus chère à l’achat. "Là où un processeur spatialisé coûte autour de 50.000 EUR, notre processeur embarqué est à 50 EUR." Le désavantage, s’il devait y en avoir un, concerne l’exposition aux radiations. Pour protéger son récepteur, LuxSpace l’entoure d’une protection en aluminium de deux centimètres d’épaisseur."Etant donné qu’on paie au kilo lancé, le lancement est plus coûteux, mais on pense que, vu la rapidité à laquelle les technologies terrestres évoluent, cela en vaut la peine."
Les premières données transmises par VesselSat1 confirment la haute qualité du satellite conçu par l’entreprise luxembourgeoise dont les ingénieurs se sont occupés du design de l’ensemble, des spécifications techniques, de l’intégration des sous-systèmes et des tests avant envoi. "Les réalisation des composants est majoritairement sous-traitée à des fournisseurs qui viennent de Belgique, d’Angleterre, de France, d’Allemagne, de Tchéquie, de Hongrie,… Tout est ensuite assemblé ici, à Betzdorf."
LuxSpace compte désormais poursuivre le développement d’autres applications liées au système AIS et ainsi obtenir de nouveaux contrats pour la fabrication de satellites du même genre. La société, fondée en 2004, fait partie du groupe allemand OHB qui dispose de plusieurs sociétés en Europe et emploie plus de 2.500 personnes. « Au Luxembourg, nous sommes une trentaine », ajoute Jochen Harms, géographe de formation. L’entreprise devrait encore se développer dans les mois à venir. Outre sa forte implication dans le domaine des microsatellites, LuxSpace travaille sur plusieurs projets pour le compte de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Elle mène aussi des activités liées à l’observation de la terre et en reste à l’affût des nouvelles attentes du marché.
"Pour l’ESA, nous sommes responsables du développement d’un sous-système spécifique dans le cadre des programmes Small Geo et EDRS. C’est en grande partie grâce au soutien du gouvernement luxembourgeois et de Luxinnovation que nous pouvons participer à de tels programmes européens. Mais nous pouvons également compter sur un gros support de SES qui nous offre la chance de travailler sur son site et qui nous a aidés, dès nos débuts en 2004, à nouer de précieux contacts avec les ministères compétents en matière de technologie spatiale." Composée d’une douzaine de nationalités différentes, LuxSpace poursuit désormais son développement, le regard tourné vers le ciel.
Crédits photos: Antrix/ISRO 2011