Accumalux : des batteries aux quatre coins du monde

Pour retracer l’histoire d’Accumalux, société industrielle qui a fêté ses 40 ans en 2016, il faut remonter beaucoup plus loin dans le temps. Plus précisément en 1906, lorsqu’est créée la S.A. Poudrerie de Luxembourg, qui reprend alors le personnel et les biens de la Société en commandite Poudrerie de Luxembourg - Norbert Reuter et Cie. Cette dernière avait été créée en 1872, mais était tombée en faillite en 1905.

C’est le 6 octobre 1906 que Louis Ackermann, ingénieur à l'usine de gaz de Luxembourg, prend les commandes de la Poudrerie qui, depuis, est restée dans le giron familial. À son décès en 1963, c’est son fils, Raymond, qui lui succède, jusqu’à sa mort en 1981. Puis Charles-Louis Ackermann, petit-fils de Louis, alors âgé d’à peine 30 ans, prend les rênes du groupe qui, entre temps, s’est engagé sur la voie de la diversification.

De la poudre au plastique

Car dès le milieu des années 1970, avec le déclin de l’exploitation minière et un environnement de plus en plus concurrentiel, la Poudrerie de Luxembourg décide d’abandonner progressivement la fabrication d’explosifs pour se lancer dans la production d’éléments… de batteries électriques. La raison est simple : le président (depuis 1967) du conseil d’administration de la société, Auguste-Charles Laval, est aussi président de la société belge Tudor (à Florival), spécialisée dans la fabrication d’accumulateurs électriques. Un héritage familial, en quelque sorte, puisqu’il est aussi un descendant direct de l’inventeur de la batterie au plomb Henri Tudor.

Or aucune usine de la région ne produisant des bacs et couvercles pour ces batteries, il est obligé d’en importer de très loin. En outre, le principal concurrent de la Poudrerie dans les explosifs, établi en Allemagne, a également commencé à se diversifier dans les matières plastiques. D’où l’idée de développer cette nouvelle activité de moulage à partir du Luxembourg.

Ainsi naît Accumalux en 1976, spécialisée dans la fabrication de bacs, de couvercles et d'accessoires pour batteries moulées en matière thermoplastique. La cible : les producteurs de batteries de voitures et de camions, mais aussi de batteries pour installations fixes (UPS, centrales d’ordinateurs, télécommunications, …) puis, plus tard, des batteries de traction (élévateurs, nettoyage industriel, …).

Un tiers du marché européen

À la fin des années 90, la société crée deux filiales pour compléter son offre: production de moules par injection de matières thermoplastiques (Accumalux Mold Technology, en 1996) et production de bacs et de couvercles pour batteries de traction (Accumalux Industriel, en 1999).

La diversification géographique, elle, commence en 1998, avec l’ouverture d’un premier site en République Tchèque pour mieux couvrir une partie de l’Europe de l’Est. Puis le groupe prend pied en Australie (2005), pour se rapprocher de la zone ASEAN, et poursuit son expansion en Europe orientale en Bulgarie (2008) puis en Russie (2014). Le groupe sera même présent pendant quelques années en Égypte.

Aujourd’hui, Accumalux emploie plus de 300 personnes dans le monde et fournit des clients dans plus de 50 pays. Le groupe produit près de 27 millions d’ensemble de batteries qui couvrent plus d’un tiers du marché européen et une part non négligeable ailleurs dans le monde.

Mais Poudrerie de Luxembourg n’oublie pas pour autant ses racines luxembourgeoises. Elle vient ainsi d’inaugurer sur son site historique de Kockelscheuer, en périphérie de la capitale, la zone d’activités "ParcLuxite" (baptisée ainsi en référence à l’explosif commercialisé sous le nom "Luxite" et qui a fait la renommée de la Poudrerie pendant presque un siècle): 65 ha de terrains dédiés à la recherche, au développement, à l’innovation et à la technologie au plus haut niveau, et qualifiée aussi de Mini-Silicon Valley. Le début d’une nouvelle ère.

Photo: © Accumalux

  • Mis à jour le 22-03-2018